
Lors de la cérémonie « Najî‘ wa Midâd » organisée dans la banlieue sud de Beyrouth pour honorer la mémoire des oulémas martyrs de la voie de Qods et de la résistance, Sheikh Naïm Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé un discours marqué par la mise en valeur du rôle des savants religieux, du poids du jihâd dans la formation de la communauté, et de la continuité de la lutte face aux agressions israéliennes.
Évoquant en particulier Sayyed ‘Abbâs Moussavî et Sheikh Râghib Harb, il a insisté sur leur place centrale comme deux porte-drapeaux du sentier du martyre et du jihâd. Son discours s’inscrit dans une vision globale : celle d’un mouvement qui se considère fidèle à ses martyrs, engagé dans la défense du Liban et prêt au sacrifice pour la libération des terres et la protection des lieux saints.
Les oulémas martyrs et le fondement du jihâd
Sheikh Naïm Qassem a rappelé que la cérémonie se tient en hommage à une tradition religieuse où les savants jouent un rôle fondateur. Selon lui, les oulémas se sont distingués par leur responsabilité dans l’enseignement et l’éducation, formant une société construite sur le principe du jihâd, conçu à la fois comme effort intérieur et comme défense contre l’agression. Il a précisé que le terme « Najî‘ » renvoie au sang, tandis que « Midâd » signifie l’encre, montrant que le mouvement de résistance est né de l’union de l’encre des savants et du sang des martyrs.
Le responsable a présenté des chiffres illustrant l’ampleur du sacrifice : 15 oulémas martyrs, 41 tâlibs des sciences religieuses tombés, et 39 fils d’oulémas morts en martyre. Cette dimension, a-t-il expliqué, montre que les savants ont été les premiers à porter la voie du jihâd et qu’ils ont établi une méthodologie de résistance ayant façonné la conscience collective. Il a souligné que le Hezbollah s’est construit à partir des enseignements de ces figures religieuses, intégrant patriotisme, dignité, moralité et refus de la soumission.
Dans cette perspective, Sheikh Qassem a évoqué l’étonnement de nombreux observateurs, au Liban comme à l’étranger, face à la capacité du Hezbollah à transformer la société et à instaurer un modèle dynamique de résistance. Pour lui, cette réussite s’explique par la fidélité au jihâd comme pilier de l’Islam et par la continuité du lien entre savoir religieux et engagement militant. Il a rendu hommage en particulier à Sayyed ‘Abbâs Moussavî et au Sheikh Râghib Harb, décrits comme les deux éclaireurs de ce chemin, dont la mémoire constitue un repère moral durable pour le mouvement.
Les alliances nationales et les attaques contre la base populaire de la résistance
Dans une seconde partie de son discours, Sheikh Naïm Qassem a rappelé l’importance des alliances nationales scellées par le Hezbollah au cours des dernières décennies. Il a notamment évoqué l’accord conclu en 2006 avec le Courant Patriotique Libre, qui a permis, selon lui, de construire un lien solide avec un parti chrétien influent. Pour lui, cet accord prouve que la résistance n’a jamais été isolée ni fermée : elle a cherché la coopération, le dialogue et une ouverture politique fondée sur le respect mutuel. Ce positionnement, affirme-t-il, a irrité les puissances « arrogantes », qui préfèrent voir le Liban divisé afin d’affaiblir la résistance.
Sheikh Qassem a dénoncé les « mouvements contre la base populaire de la résistance », anciens et récents, qui visent à déformer l’image de la population qui soutient le Hezbollah. Il a mis en avant le patriotisme, la force morale et la capacité de sacrifice de ces communautés, rappelant leur engagement lors des guerres et des agressions successives. Selon lui, ces tentatives de discrédit sont vouées à l’échec, car la résistance est profondément enracinée et puise sa force dans une légitimité historique.
Il a assuré que les complots et campagnes n’affaibliront jamais la détermination du mouvement. La résistance demeure, dit-il, engagée dans la construction du Liban, dans la libération des terres occupées et dans la défense de la souveraineté. L’ennemi, poursuit-il, cherche à ôter les armes de la résistance et à assécher ses ressources, mais ces projets n’ont qu’un seul objectif : faire disparaître la résistance elle-même. Pour Sheikh Qassem, croire que la question se réduit au désarmement est une illusion : les adversaires veulent « détruire les écoles, les hôpitaux, empêcher la reconstruction et accabler les populations ».
Les agressions israéliennes et la volonté de défense jusqu’au sacrifice
Dans la dernière partie de son intervention, Sheikh Naïm Qassem a insisté sur la situation sécuritaire au Liban-Sud, régulièrement exposé aux agressions israéliennes. Il a affirmé que le Liban fait face à un expansionnisme dangereux et que les accords existants, notamment ceux liés au sud du Litani, ne sont pas respectés par l’ennemi. Il a également déclaré que les États-Unis et Israël n’ont aucune autorité sur les décisions internes du Liban ni sur l’organisation de sa défense. Les divergences politiques et stratégiques relèvent exclusivement des Libanais.
Le responsable a affirmé que personne ne pourra retirer à la résistance sa capacité de défense, décrite comme un acquis irréversible. Il a souligné la disponibilité totale du Hezbollah à défendre le pays, le peuple, et même à sacrifier ses membres pour la protection de la mosquée Al-Aqsa. Pour lui, la fidélité au sang des martyrs impose de ne jamais reculer, quelles que soient les pressions internationales ou les menaces militaires.
Sheikh Qassem a réaffirmé l’engagement du Hezbollah à collaborer avec l’État libanais dans le cadre d’une stratégie défensive reconnue et partagée. Il a insisté sur le soutien au gouvernement dans la voie diplomatique adoptée, tout en ignorant les « serviteurs des États-Unis et d’Israël ».Il a rappelé les attentes du mouvement envers le gouvernement : faire preuve de courage face à l’agression israélienne, œuvrer à la libération des prisonniers et participer activement à la reconstruction.