Selon The Chosun Daily, le 26 décembre au soir, un restaurant de poissons grillés près de la station Sinchon, dans l’arrondissement de Seodaemun, affichait complet. La majorité des clients étaient des touristes musulmans, reconnaissables à leurs hijabs, commandant avec assurance maquereaux grillés, calmars sautés épicés et autres plats de la mer.
Autrefois fréquenté surtout par des étudiants, cet établissement réalise désormais près de 70 % de son chiffre d’affaires grâce à une clientèle étrangère, après s’être fait connaître comme restaurant « halal-friendly ». Le terme « halal » désigne, en arabe, ce qui est autorisé par la loi islamique.
Portée par l’essor de la K-pop et de la K-beauty, la fréquentation musulmane évolue. Longtemps cantonnés aux kebabs ou aux restaurants d’agneau d’Itaewon, ces visiteurs recherchent désormais activement une cuisine coréenne adaptée à leurs prescriptions religieuses. Selon l’Office national du tourisme coréen, leur nombre est passé de 360 000 en 2022 à plus d’un million attendus pour deux années consécutives.
Faute de restaurants officiellement certifiés halal, les touristes s’appuient sur les réseaux sociaux et des applications spécialisées pour repérer des établissements évitant porc et alcool. À Myeongdong, Sinchon ou Bukchon, des restaurants proposent ainsi du gimbap, du ragoût « armée » ou du riz frit au kimchi revisités, tandis que la cuisine végétarienne des temples séduit aussi ce public.
Pour les experts, cette tendance marque le passage d’une consommation prudente à une véritable exploration de la gastronomie coréenne, dans le respect des règles religieuses.